Les mauvaises journées

Les mauvaises journées. 

Oui on en a tous. 

  • Les jours où tu te lèves le matin avec l’envie de devenir un burrito avec tes couvertures. 
  • Les jours où rien ne fonctionne et que Mr/Mme Patience à pris ses vacances. 
  • Les jours où il y a eu tellement de mauvaises nouvelles que tu ne sais pas comment tu va réussir à passer au travers. 
  • Les jours où tu vis des événements difficiles à digérer.
  • Les jours où tu te dis que tu aimerais bien dormir et ne te réveiller que lorsque le mal sera passé.
  • Les jours où ta santé pars elle aussi en vacance. 
  • Les jours où tu aimerais bien être en vacances toi aussi. 
  • Les jours où ça ne va juste pas. Tu n’as aucune idée pourquoi.
  • Les jours où tu réalises que t’es une femme pis qu’une femme ça a des SPM … suivi d’une semaine de guerre contre ton utérus. (oui je nous ai fait un petit spécial)
  • Les jours où bref, tu n’as pas tellement le goût de parler à tout le monde. 
  • Les jours où tu n’as pas tellement le goût de sourire. 
  • Les jours où tu n’as pas tellement le goût d’être la tout court. 

On les a tous. 

Et ça, c’est ce que la société n’aime pas. Le pourquoi, je ne le sais pas. Mais j’ai bien le goût qu’on s'en parle. 
En fait, j’ai remarqué que la démonstration ouverte des émotions n'est généralement pas acceptée en public. Si on faisait l’échelle des émotions positives et négatives, dont "émotions négatives" serait à -50 et “émotions positives” à +50, on pourrait dire que la société n’accepte à peu près que de -5 à +20. 

Des exemples de ce qui n’est pas acceptable en public, on pourrait en nommer beaucoup. 

  • Pleurer 
  • Se chicaner
  • Sauter de joie et gambader seul 
  • Travailler au service à la clientèle et être poli, mais avoir le sourire difficile parce que ça va vraiment pas. 
  • Être nouveau parent et en arracher
  • etc. 

J’ai parfois l’impression qu’on a pas le droit d’aller mal, d’avoir ces mauvaises journées. Si on te demande comment tu vas, t’as l’impression que tu DOIS répondre que tu va bien. Mais il y a des jours où la réponse est clairement: Non, je ne vais pas bien. 

On se sent coupables de se sentir mal. Parce qu’on se dit probablement que les gens autour n’ont pas envie de voir/vivre ça. Et certaines gens sont même capables de te faire culpabiliser. 

  • “Ya des gens qui crèvent de faim dans le monde” 
  • “C’est pas si pire que ça, check MOI l’autre jour ... bla bla bla” 
  • “Bein voyons, tu viens d’avoir un enfant/promotion/bonne nouvelle, t'as pas de raison d'aller mal"
  • “Bein voyons, pense positif la, tes trop négatif” 

D'ailleurs, cette dernière phrase m'hérisse le poil au point où je pourrais en sabler des murs. C’est quoi cette idée de “t’es trop négatif”? 
Parce que la vie est toujours positive? Parce les gens vivent toujours des bonnes journées? Parce que si tu ne va pas bien, c’est que c’est nécéssairement parce que tu ne penses pas assez positif? 

Il faut être positif dans la vie oui, dans le sens où il faut être optimiste. Il FAUT voir le bon coté des choses, une fois que le plus gros de nos émotions est passé. Mais des fois la passe difficile est longue. On fait tous déjà notre possible pour ne pas se noyer. Essayer de voir le positif fait déjà partie des techniques de nage que l’on pratique. 

Et surtout, on est humain. Les humains ont des émotions. Les jours ne sont pas tous pareils. Les émotions ne sont pas toutes faciles à gérer. Les humains ont des choses à vivre et à assimiler. Ca ne se fait pas toujours en 2 minutes. Ca ne se contrôle pas toujours. 

Et il y a des jours où on est en public quand ça saute. Il y a des jours où on n'arrive pas à porter notre visage heureux et amical. Il y a des jours où on aime bien être laissés tranquilles. Il y a des jours où tout ce que l’on a besoin, c’est de l’empathie, de la compréhension et d'une petite tape dans le dos. 

Je n’irai jamais dire qu’il faut se laisser couler dans ses émotions, mais je crois que c’est aussi malsain de les balayer du revers de la main au nom du sacré-saint positivisme.  

Donc, et si on laissais une place aux émotions moins glorieuses? Et si on acceptait que parfois, il y a des jours où les gens ne vont pas si bien? Et si on acceptait que l’on n’est pas parfaits? Que nous sommes humains avant tout?

Mais surtout, et si on acceptais que les gens qui nous entourent ne sont pas parfaits? Qu’il y a des jours où ils ne vont pas si bien? Qu’ils sont humains avant tout? 
Et si on essayait de les comprendre? De les laisser vivre leur peine? De les écouter si on a l’énergie pour le faire, et s’ils veulent parler? De les laisser seuls lorsqu’ils en ont besoin? 

T'as le droit de se sentir mal, et tu ne devrait pas en culpabiliser. 

Et si ça dure, ce serait peut-être plus facile d'aller chercher de l'aide, puisque le mal, on l'a déjà accepté. Parce que de l'aide, parfois il en faut pour s'en sortir. Et souvent, plus que tout, on a besoin de la compréhension de ceux qui nous entourent.